Dalles, hauteurs, trémies, compartimentage : dans un datacenter, le gros œuvre se dessine à partir des équipements qu'il doit porter, pas l'inverse.
Le BTP pour datacenter désigne l'ensemble des travaux de bâtiment et de travaux publics nécessaires à la construction ou à la transformation d'un centre de données : gros œuvre et structure, second œuvre et compartimentage coupe-feu, voiries et réseaux divers, puis les lots techniques d'électricité, de refroidissement et de sûreté qui font du bâtiment un datacenter. Sa spécificité tient à l'inversion de l'ordre habituel : le bâtiment se dimensionne à partir des équipements qu'il doit porter, alimenter et refroidir. Nous réalisons les lots techniques et intégrons le gros œuvre, confié à des entreprises de génie civil partenaires, dans une même chaîne de responsabilité.

Un datacenter est d'abord un bâtiment industriel. Avant la première baie, il faut une dalle capable de porter des transformateurs de plusieurs dizaines de tonnes, une hauteur libre pour les chemins de câbles et les gaines, des locaux séparés par des murs coupe-feu, des massifs pour les groupes froid et les groupes électrogènes, des cuves à carburant avec leurs rétentions, et des voiries qui acceptent un convoi exceptionnel. Tout cela relève du BTP au sens strict : gros œuvre, structure, second œuvre, voiries et réseaux divers.
Viennent ensuite les lots techniques, qui font du bâtiment un datacenter : courants forts de l'arrivée haute tension au départ de baie, courants faibles pour la détection et le contrôle d'accès, chauffage-ventilation-climatisation pour la production et la distribution de froid, plomberie pour les réseaux hydrauliques. Dans le vocabulaire du bâtiment, on parle de CFO, CFA, CVC et MEP. Dans un datacenter, ces lots représentent l'essentiel du coût et la totalité du risque d'exploitation.
La frontière entre les deux est l'endroit où les projets se perdent. Une réservation oubliée dans un voile béton, un massif coulé à la cote d'un plan périmé, une trémie trop petite pour le jeu de barres commandé : chacune de ces erreurs se règle au marteau-piqueur, sur un chantier dont le calendrier est déjà tenu par la date de raccordement.
Les charges d'abord. Un plancher de bureaux est dimensionné pour des personnes et du mobilier ; un local de transformateurs ou un parc de batteries demande un ordre de grandeur de plus. La descente de charge se calcule équipement par équipement, avec les poids réels des matériels retenus, pas avec une hypothèse forfaitaire au mètre carré.
La hauteur ensuite. Entre la dalle et la sous-face, il faut loger un faux plancher ou des chemins de câbles suspendus, des gaines de soufflage, des réseaux hydrauliques, et garder la place d'intervenir dessus. Un bâtiment logistique récent a cette hauteur ; un immeuble de bureaux ne l'a presque jamais. C'est l'un des premiers critères de tri en retrofit.
Le compartimentage enfin. Les référentiels de résilience exigent que deux chaînes redondantes soient séparées physiquement : un incendie dans un local électrique ne doit pas atteindre l'autre. Cela se traduit en murs, portes et calfeutrements coupe-feu, en cheminements distincts, en trémies séparées. Ces exigences se dessinent au plan de gros œuvre. Ajoutées après coup, elles imposent de reprendre des cloisons dans un bâtiment déjà fermé.
S'y ajoute le phasage. Un datacenter se livre par tranches, et la première tranche entre en exploitation pendant que la suivante est encore en travaux. Le bâtiment doit donc être conçu pour être fini par morceaux, avec des séparations de chantier qui tiennent la poussière, le bruit et les vibrations loin des salles en service.
Le gros œuvre n'est pas un lot que nous exécutons en propre : nous ne coulons pas le béton. La structure, le gros œuvre et le second œuvre sont réalisés par des entreprises de génie civil partenaires, en groupement ou en lots séparés selon l'organisation du projet. Notre métier, ce sont les lots techniques : l'électricité de l'arrivée haute tension au départ de baie, la production et la distribution de froid, l'aménagement des salles, la sûreté, la supervision, et la logistique des équipements lourds.
Ce que nous apportons à l'interface, c'est la donnée d'entrée. Les plans de gros œuvre d'un datacenter ne peuvent pas être dessinés sans savoir quels équipements ils porteront : poids, encombrement, réservations, dégagements de maintenance, cheminements. Notre bureau d'études de Vélizy-Villacoublay produit ces données à partir des matériels réellement retenus, y compris reconditionnés, et les tient à jour jusqu'au coulage. Une réservation ne se déplace pas dans un voile déjà décoffré.
Sur le chantier, la coordination est tenue par les mêmes personnes des deux côtés : celui qui a demandé la réservation vérifie qu'elle est à la bonne cote avant le coulage, et celui qui posera le transformateur contrôle le massif avant la livraison. C'est cette continuité qui manque quand le génie civil et les lots techniques répondent à deux entreprises qui ne se parlent qu'en réunion de chantier.
En retrofit, le génie civil se réduit souvent à des reprises : renforcement de dalles, ouverture de trémies, création de massifs, cloisonnement coupe-feu. Ces travaux sont limités en volume mais décisifs en séquence, parce que tant qu'ils ne sont pas faits, aucun équipement lourd n'entre dans le bâtiment. Ils se planifient dès le diagnostic de convertibilité.
Les lots du datacenter que couvre cette expertise apparaissent en clair, les autres sont estompés. Cliquez un lot pour le détail.
Le point d'entrée de l'énergie sur le site, à l'interface du réseau public. C'est lui qui plafonne la puissance disponible : sur un projet de retrofit, sa capacité décide de ce que le bâtiment pourra accueillir.
Le secours de dernier rang, avec ses cuves et ses rétentions. Un groupe ne compte que si sa prise de charge a été essayée en réel, plusieurs fois - une redondance non essayée reste une hypothèse.
Groupes froid et free-cooling, qui produisent l'eau glacée. Sous climat français, une part importante de l'année peut être couverte sans compression - encore faut-il que la boucle accepte une eau assez chaude.
L'espace utile : implantation des baies, confinement des allées, cheminements et sols techniques. Aux densités de l'IA, la géométrie de la salle compte autant que la puissance de froid installée.
Zones de sécurité physique, contrôle d'accès, vidéosurveillance et détection incendie très haute sensibilité. Ce sont des décisions de plan : ajoutées après coup, elles imposent des reprises de cloisonnement.
Le découpage varie selon le montage du projet. Voici les lots qui reviennent sur tout datacenter, et la place que nous y prenons.
Six étapes. La règle qui les traverse : aucun béton ne se coule sans que l'équipement qu'il portera soit connu.
Bilan de puissance, scénarios de refroidissement, présélection des matériels neufs ou reconditionnés. Ce sont leurs poids, encombrements et dégagements qui dimensionneront le bâtiment.
Notre bureau d'études transmet aux structures les charges, réservations, trémies, massifs et cheminements, cote par cote, à partir des matériels retenus et non de valeurs forfaitaires.
Plans de gros œuvre et plans techniques sont superposés avant validation : chaque réservation est vérifiée contre le réseau qui la traversera, chaque massif contre l'équipement qu'il portera.
Réalisés par le partenaire génie civil. Nous vérifions les réservations avant le coulage et les massifs avant l'arrivée des équipements : une erreur trouvée à ce stade coûte un rebouchage, la même erreur trouvée à la livraison coûte des semaines.
Électricité, froid, sûreté, aménagement des salles, par phases si le site est livré par tranches, avec les séparations de chantier qui protègent les salles déjà en service.
Essais par niveaux, bascules en charge, puis un dossier de récolement unique pour le bâtiment et les installations, pour que l'exploitant reçoive un site et non une collection de lots.
C'est l'ensemble des travaux de bâtiment et de travaux publics qui permettent de construire ou de transformer un centre de données : gros œuvre et structure, second œuvre coupe-feu, voiries et réseaux, puis les lots techniques d'électricité, de refroidissement et de sûreté. La différence avec un bâtiment classique est que le bâtiment se dimensionne à partir des équipements qu'il porte, alimente et refroidit, et non l'inverse.
Non. Nous ne sommes pas un hébergeur : nous ne vendons ni salles ni serveurs à des entreprises de construction. Nous sommes une entreprise de travaux qui réalise les lots techniques des datacenters et intègre le génie civil nécessaire. Si vous cherchez un hébergement informatique pour une entreprise du bâtiment, ce n'est pas nous.
Non. Le gros œuvre, la structure et le second œuvre sont réalisés par des entreprises de génie civil partenaires, en groupement ou en lots séparés selon votre organisation. Ce que nous tenons, c'est l'interface : les données d'entrée que le génie civil ne peut pas produire seul, le contrôle des réservations et des massifs avant coulage, et la coordination sur le chantier. Notre métier d'origine est l'installation électrique ; le reste de la chaîne s'est construit autour.
Le génie civil d'un datacenter ne demande pas de technique introuvable : dalles, voiles, charpente, ce sont des ouvrages que toute entreprise de gros œuvre sérieuse sait faire. Ce qu'elle ne sait pas faire seule, c'est les dimensionner sans connaître les équipements. La spécialisation utile n'est donc pas dans le béton mais dans la donnée d'entrée et la coordination : c'est là que nous intervenons.
Beaucoup moins qu'en neuf, mais au moment le plus contraint. En retrofit, le génie civil se réduit à des reprises : renforcement de dalles, ouverture de trémies, création de massifs, cloisonnement coupe-feu. Leur volume est faible, leur séquence est critique : tant qu'ils ne sont pas faits, aucun équipement lourd n'entre. Ils se planifient donc dès le diagnostic de convertibilité, pas à la commande des transformateurs.
Trois interlocuteurs très différents arrivent sur ces pages. Prenez la porte qui vous correspond.