Les densités par baie ont changé d'ordre de grandeur. Les infrastructures de froid conçues pour l'informatique classique ne suivent plus.
Le refroidissement d'un datacenter consiste à évacuer en continu la chaleur produite par les équipements informatiques, en maintenant la température et l'hygrométrie dans les plages admissibles. Il combine une production de froid, un réseau de distribution et une diffusion en salle. L'arrivée des charges d'intelligence artificielle a déplacé le problème : à des densités de plusieurs dizaines de kilowatts par baie, l'air seul ne suffit plus et le refroidissement liquide direct devient la référence.

Pendant vingt ans, refroidir un datacenter a consisté à souffler de l'air froid sous un plancher technique pour des baies de quelques kilowatts. Les charges d'entraînement et d'inférence d'aujourd'hui dissipent par baie ce que dissipait une rangée entière. À ces densités, la capacité thermique de l'air devient le facteur limitant : il faudrait des débits que ni les gaines ni le confort acoustique n'autorisent.
Le refroidissement liquide direct répond à ce mur physique en amenant le fluide au contact des composants. Il change la nature de l'infrastructure : on ne parle plus seulement de centrales de traitement d'air mais de boucles hydrauliques, de distributions en salle, de qualité d'eau et d'étanchéité au-dessus de matériel électronique.
Pour un site existant, la conséquence pratique est qu'un retrofit orienté IA est d'abord un projet hydraulique. C'est aussi ce qui rend l'anticipation payante : rendre un bâtiment « liquid-ready » avant d'en avoir besoin coûte une fraction du prix de la même opération menée plus tard, en exploitation.
Sous climat français, la température extérieure permet de produire du froid sans compression pendant une large partie de l'année. Exploiter cette ressource - par échange direct sur l'air extérieur, par batterie sur boucle d'eau ou par voie adiabatique - réduce la consommation dans des proportions que peu d'autres leviers atteignent.
L'arbitrage n'est pas seulement énergétique. Le free-cooling suppose de la surface en toiture ou en façade, accepte une part d'humidité qu'il faut maîtriser, et impose une régulation qui gère proprement les transitions entre modes. Nous instruisons ce choix sur des données de site - le fichier météo réel du lieu et le profil de charge attendu - plutôt que sur des moyennes nationales.
Les lots du datacenter que couvre cette expertise apparaissent en clair, les autres sont estompés. Cliquez un lot pour le détail.
Groupes froid et free-cooling, qui produisent l'eau glacée. Sous climat français, une part importante de l'année peut être couverte sans compression - encore faut-il que la boucle accepte une eau assez chaude.
Les réseaux qui portent le froid jusqu'aux salles, et les armoires qui le diffusent. C'est le lot que l'arrivée du refroidissement liquide direct transforme le plus profondément.
L'espace utile : implantation des baies, confinement des allées, cheminements et sols techniques. Aux densités de l'IA, la géométrie de la salle compte autant que la puissance de froid installée.
De la production au confinement, en conception comme en installation.
La conception thermique se joue sur des données de site : c'est ce qui distingue un dimensionnement d'une estimation.
Charge actuelle et cible, densités par baie, fichier météo du lieu, contraintes de toiture et d'emprise.
Comparaison chiffrée des architectures possibles, avec leurs conséquences sur la consommation, l'emprise et la capacité à monter en densité.
Bilans thermiques, dimensionnement hydraulique et, sur les points sensibles, simulation aéraulique des salles.
Arbitrage neuf ou reconditionné. Sur les groupes froid de forte puissance, le réemploi raccourcit sensiblement le délai.
Mise en place, raccordements hydrauliques et électriques, calorifuge, essais d'étanchéité et rinçages.
Équilibrage des réseaux, réglage de la régulation, essais en charge et vérification des transitions entre modes.
L'air reste praticable jusqu'à une dizaine de kilowatts par baie avec un bon confinement, et peut être poussé au-delà au prix de débits et de nuisances croissants. Les charges d'entraînement IA actuelles dépassent largement ces valeurs, ce qui rend le refroidissement liquide direct incontournable. Le seuil réel dépend autant de la géométrie de la salle que de la densité annoncée : c'est un sujet de simulation, pas de règle générale.
Oui, et c'est une part croissante de notre activité. Cela suppose d'amener une boucle hydraulique jusqu'aux salles, de vérifier que la structure accepte les charges d'eau, et de traiter sérieusement la détection de fuite au-dessus de matériel électronique. Anticiper ces travaux avant d'en avoir besoin coûte nettement moins cher que les mener plus tard en exploitation.
Il apporte un gain sur l'ensemble du territoire, mais son ampleur varie fortement selon le climat local et la température d'eau que l'installation accepte. Plus la boucle tolère une eau chaude, plus le nombre d'heures exploitables augmente - c'est le paramètre décisif, davantage que la latitude. Nous instruisons l'arbitrage sur le fichier météo du site.
À condition d'être requalifié sérieusement : contrôle du circuit frigorifique, étanchéité, remplacement des organes d'usure, essais de performance documentés. Nous ne remettons en service que des machines dont le rendement a été mesuré, pas seulement constatées fonctionnelles. L'avantage décisif reste le délai d'obtention sur les fortes puissances.
Trois interlocuteurs très différents arrivent sur ces pages. Prenez la porte qui vous correspond.